The Dark Knight

Publié le par AngeDémon

Second volet de l'oeuvre de Christopher Nolan consacrée à Batman, "The Dark Knight", avait pour principaux challenges de poursuivre l'excellent travail réalisé lors du premier opus, et, surtout, de rivaliser avec le premier Batman de Tim Burton. La mort d'Heath Ledger ayant grandement participé à la légende de ce film avant même la sortie, il nous fallait voir de nos propores yeux si, oui ou non, ce Batman avait la trempe d'un chef d'oeuvre. Apparemment, il a fait l'unanimité chez nous...


Bruce Wayne chez le psy déjanté
Sombre à souhait
     Lorsqu'est sorti Batman Begins, je m'étais empressé d'aller le voir au cinéma (puis d'acheter le DVD), trop content de voir que l'on repartait de zéro et éffaçait les misérables derniers épisodes, tournés près de 10 ans auparavant. J'avais accroché sans difficulté à cette version, bien plus sombre et noire et surtout j'avais apprecié Christian Bale (que je n'avais vu jusque là que dans Equilibrium) pour son jeu extrêmement fin bien que parfois minimaliste et sa capacité certaine à incarner ce personnage trouble et troublé. Je trouvais que Batman / Bruce Wayne (oups, spoiler ! :-p) y gagnait en profondeur. Inutile de dire, donc, que le buzz gigantesque autour de ce deuxième épisode, amplifié par la mort de Heath Ledger, m'avait happé facilement. Je n'ai pas eu trop de mal à convaincre mon Démon préféré de m'accompagner, d'autant qu'elle avait apprecié le premier.

Cet épisode reprend les bad guys des deux premiers anciens épisodes, à savoir le Joker (Heath Ledger), puis, sur le tard, Double-Face (Aaron Eckart). Ce compactage emporel est pour le moins assez heureux, même si l'on regrettera peut-être le peu de temps accordé au second, qui n'a que peu l'occasion de casser les piedsà notre héros. La part belle est laissée au joker, magnifiquement campé par un Heath Ledger au sommet. On pourrait chercher des comparaisons avec Jack Nicholson, mais leur interprétation est suffisamment différente pour que cela tombe à l'eau. Le Joker nouvelle version est beaucoup plus sombre, son humour largement plus cynique. Même son costume et son maquillage semblent fait à l'emporte pièce, accentuant l'aspect complètement déjanté du personnage.



Le personnage de Double-Face, dont on oublierait presque qu'il va surgir à un moment, impose un contraste saisissant avec celui dont il est issu, à savoir le Procureur Harvey "sourire Colgate" Dent. Le coté paladin redresseur de tort de ce dernier, limite agaçant, est écrabouillé par la rage de vengeance de Double-Face, dans laquelle il se consumera presque tout seul d'ailleurs. Et Batman me direz-vous ? Dans the Dark Knight, notre super-héros a un coup de mou. il se demande quelel est sa place dans la vie de Gotham, et si un vrai redresseur de torts "officiel" ne serait pas plus approprié. Il faut l'apparition du Joker pour que Bat-mou redevienne Batman et ce lien ténu entre les deux est sans doute l'aspect le plus troublant du film: le Joker a besoin de Batman autant que Batman a besoin du Joker.

Nolan signe ici un deuxième épisode exceptionnel, difficile de dire si le troisième le surpassera. Le seul défaut que je pourrais trouver à ce film est qu'à force de multiplier les pistes et d'entremeler les personnages, il se concentre moins sur Batman. C'est sans doute pour cela que Nolan a choisi The Dark Knight plutôt que "Batman 2" ou "Batman continues..." Ceux qui venaient pour Batman et uniquement seront sans doute un peu déçus. Pour les autres, aucun problème à l'horizon, les deux heures et quelques du film ne se voient pas passer...

     Le second volet de la saga Batman de Christopher Nolan dépasse sans peine Batman Begins. Pourquoi ? N’en déplaise à mon Ange, je pense que l’éclipse de Mr Gnangan (alias Batman/Bruce Wayne) au profit de personnages plus, comment dire, intéressants, le Jocker en tête, y est pour beaucoup. En fin de compte, tout le monde gagne en profondeur et le casting renouvelé se révèle particulièrement efficace.

  Christian Bale est toujours là, il campe un super-héros qui doute de sa vocation et de son pouvoir à lutter effectivement contre le Mal. Toujours un peu pleurnichard et lisse à mon goût mais s’arran
ge ! Confronté à une armada de fantoches, faux batmen en quête  de gloire, qui nuisent à son image de marque ; mis en concurrence dans le cœur de sa bien-aimée Rachel (Maggie Gyllenhaal) comme dans celui des habitants de Gotham City par le « chevalier blanc », le procureur Harvey Dent (Aaron Eckart), même son armure lui fait défaut…


     Du coup, quand le Joker magnifiquement interprété par Heath Ledger vient ajouter sa perversion déjantée et sans bornes aux crimes des habituels et prévisibles truands de Gotham, Bruce Wayne troquerait volontiers son âme de preux chevalier contre celle du plus quelconque des milliardaires… Exit Katie Holmes, son sourire niais et son jeu d’actrice uniforme, au profit de Maggie Gyllenhaal, nettement plus crédible. Aaron Eckart est impeccable en justicier des temps modernes comme en Double Face assoiffé de vengeance. Aucun cependant n’arrive à la cheville d’Heath Ledger, génial ! Aidé par un maquillage, un costume et une coiffure qui sonne incroyablement juste, il fait du Joker un clown diaboliquement cheap.     Dans cet opus tous les personnages ont leur(s) part(s) d’ombre et de lâcheté. Le chef d’orchestre de cette symphonie cauchemardesque est un psychopathe de génie, amoureux du chaos, de la souffrance et de toutes les faiblesses humaines, qu’il traque en chacun. Gotham sombre. La délivrance n’est finalement que très péniblement triomphante et n’est pas là où on l’attendait.




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Publié dans Cinéma

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